Pour autant, le budget adopté demeure inacceptable. Il s’inscrit clairement dans une logique d’austérité, alors même que le canton dispose de réserves financières importantes, d’une dette quasi inexistante et qu’il a procédé, depuis plus de dix ans, à des baisses fiscales massives au bénéfice des plus riches et des entreprises. Des coupes graves subsistent dans la santé — notamment au CHUV et dans le secteur parapublic —, dans le social, à l’EVAM, dans les hautes écoles ainsi que dans les prestations à la population. Une fois encore, les services publics et parapublics servent de variables d’ajustement d’un choix politique pleinement assumé.
Le processus budgétaire a, de surcroît, été marqué par un profond chaos démocratique : refus répété de toute négociation avec les syndicats, déresponsabilisation de l’exécutif en renvoyant les décisions au Grand Conseil, puis retrait unilatéral de décrets sous la pression de la mobilisation, sans qu’aucune négociation réelle ne soit engagée. Dans ce contexte, la mobilisation s’est imposée comme une nécessité face à l’absence totale de canaux de discussion. Le droit de grève et de manifestation est un droit démocratique fondamental et constitutionnel, au même titre que le débat parlementaire.
Les tentatives du Conseil d’État visant à délégitimer et entraver ce droit, notamment en déclarant unilatéralement la grève illicite, sont inacceptables et constituent une atteinte grave aux droits syndicaux. Elles seront combattues avec détermination.
Nous prenons acte de la déclaration de la présidente du Conseil d’État, Christelle Luisier, affirmant que « dès janvier, nous discuterons avec les milieux concernés ». Nous la prenons au mot : cette promesse engage l’exécutif. La rencontre annoncée pour janvier doit ouvrir la voie à de véritables discussions et à des négociations sérieuses, débouchant sur des réponses concrètes aux revendications portées par les salarié·es. Nous attendons à cet égard des précisions rapides sur le périmètre exact des négociations à venir.
À ce stade, la FSF n’appellera pas à relancer la mobilisation dès le début du mois de janvier. Toutefois, en l’absence de changement de cap et de négociations réelles, la mobilisation au sein des associations de la FSF sera relancée. Si le Conseil d’État persiste dans sa politique d’austérité et dans les atteintes aux droits syndicaux, il nous trouvera à nouveau sur son chemin !