Budget 2027 : Bis repetita

Plan de retour à l’équilibre : le Conseil d’Etat consulte ses experts externes, pas ses propres partenaires sociaux

 

Le Conseil d’Etat a communiqué le 23 juin sur l’avancement de son « plan de retour à l’équilibre financier d’ici 2030 » et sa décision de report au printemps prochain de la présentation des orientations stratégiques. La FSF prend acte de cette communication avec consternation : une nouvelle fois, le Gouvernement avance seul sur un dossier qui aura des conséquences directes sur les conditions de travail de ses employé·es et sur la qualité des prestations à la population — sans que les partenaires sociaux n’aient été ni informés, ni consultés, ni associés à la moindre étape de ces travaux.

« Si le Conseil d’Etat persiste dans cette méthode unilatérale, la FSF ne pourra que constater l’absence de toute volonté réelle de dialogue social et en tirera toutes les conséquences, y compris par la mobilisation. »
Céline Misiego, secrétaire générale de la FSF.

Une méthode qui n’a pas changé

Au sortir des mobilisations historiques de la fin de l’année 2025, le Conseil d’Etat avait pourtant pris l’engagement de renouer avec un véritable dialogue social et de tirer les leçons d’un processus mené dans l’opacité. La FSF avait salué cette prise de position, sous condition qu’elle se traduise dans les faits. Force est de constater que rien n’a changé. Le communiqué du Conseil d’Etat du 23 juin révèle que des études sont en cours depuis plusieurs mois, que des mandats ont été confiés à des experts indépendants, que des comparaisons intercantonales sont menées — et que tout ce travail s’est fait sans qu’à aucun moment les organisations représentatives du personnel n’aient été conviées à la table. Le calendrier des négociations avec les syndicats fixé jusqu’en septembre ne mentionne d’ailleurs même pas ce dossier pourtant central. La FSF retrouve exactement le schéma qui a conduit à la crise sociale de 2025 : élaboration dans l’entre-soi gouvernemental, puis présentation d’un plan déjà largement ficelé, sans marge de négociation.

Le Conseil d’Etat annonce avoir mandaté M. Serge Gaillard et la société bolz+partner pour l’accompagner « tout au long du processus » et renforcer la « robustesse » de sa trajectoire financière. La FSF ne conteste pas la légitimité de s’entourer de compétences extérieures, mais constate avec amertume que le Gouvernement juge utile de payer des consultants externes pour analyser les coûts et l’organisation de l’administration, alors qu’il continue d’ignorer l’expertise de ses propres partenaires sociaux — qui connaissent, eux, la réalité quotidienne du travail, les effets concrets des mesures d’économies déjà subies, et les limites au-delà desquelles on ne rationalise plus, on dégrade le service public et on épuise le personnel. De plus cette consultation serait indolore financièrement pour le Conseil d’Etat. La FSF regrette amèrement cette asymétrie.

Aucune piste de recettes

Le communiqué ne contient strictement aucune proposition du côté des revenus. Le Conseil d’Etat évoque longuement le risque que représenterait l’acceptation de l’initiative des 12% en septembre, chiffrant à plus de 450 millions l’impact cumulé de cette initiative et de son propre « plan pouvoir d’achat ». Il reconnaît ainsi lui-même, chiffres à l’appui, que les baisses d’impôts accordées ces dernières années pèsent lourdement sur l’équilibre des finances cantonales. Pourtant, aucune piste n’est avancée pour revoir cette politique fiscale ni pour explorer de nouvelles recettes : seule la maîtrise des charges — entendre, in fine, les conditions de travail et les prestations à la population — est analysée. Un déséquilibre causé par des choix politiques en matière de recettes ne peut se résoudre uniquement par des économies sur les dépenses.

Nos revendications

La FSF demande au Conseil d’Etat :
– l’ouverture immédiate de véritables négociations avec les partenaires sociaux sur le plan de retour à l’équilibre ;
– l’intégration de pistes de recettes dans la réflexion, notamment via un réexamen des récents allégements fiscaux, plutôt qu’une focalisation exclusive sur la réduction des charges ;
– la reconnaissance de l’expertise des organisations syndicales au même titre que celle des mandataires externes, en tant que connaisseuses de premier plan des conditions de travail du personnel.